Qui sont les plantes sorcières ? Je t'emmène les rencontrer !
On est au mois d'octobre, le ciel s'alourdit, devient gris. La lumière diminue, mais on la retrouve dans les couleurs des arbres : ils s'habillent de cuivre et de doré avant de perdre leurs feuilles et de concentrer leur énergie dans leurs racines. C'est aussi la saison où les sorcières sont de sortie ! On les croise au détour d'un sentier, à la nuit tombée. Mais peut-être qu'on a tous·tes un peu de magie en nous à partager !
PLANTES SORCIÈRES
clothilde
10/15/20265 min read


Le contenu de mon article
Pourquoi on parle de « plantes de sorcières » ?
Depuis des siècles, les plantes nous nourrissent et nous accompagnent, mais elles ont aussi des vertus rituelles et sont l'objet de superstitions dans nos campagnes. Celles et ceux qui savaient les reconnaître inspiraient le respect, mais peut-être surtout la méfiance.
On raconte souvent que les « sorcières » étaient des guérisseuses ou des sages-femmes. Les historien·nes nuancent beaucoup cette image, mais une chose est sûre : connaître les plantes, c'était détenir un savoir qui pouvait faire peur.
Les plantes ont chacune leur réputation : les plantes de protection qu'on accrochait aux portes, les plantes « du diable » qu'on évitait, les plantes qui entraient, disait-on, dans les fameux onguents pour s'envoler au sabbat. Vrai ? Faux ? Ou juste magique ?
La belladone, la belle dame aux yeux noirs
La belladone, c'est la bad girl du jardin des sorcières, et franchement, elle mérite bien son nom. Atropa belladonna, en hommage à Atropos, celle des trois Moires qui coupe le fil de la vie.
Cette solanacée (même famille que les tomates !) pousse en sous-bois humides. Elle peut atteindre 1,50 m, parfois plus, et ses baies noires et luisantes sont aussi appétissantes que mortelles.
Et pourtant, les prêtresses antiques en ajoutaient à leurs boissons pour entrer en transe, et on en retrouvait dans les onguents de vol des sorcières pour s'envoler aux sabbats (le fameux balai…). C'est elle aussi qui donnait aux femmes de la Renaissance ce regard de biche : une goutte dans l'œil dilate la pupille et donne, paraît-il, un regard irrésistible. N'essaie surtout pas ! La théorie des signatures justifiait son usage pour les yeux, car ses baies sont rondes et noires comme des pupilles… ça ne s'invente pas.
Aujourd'hui encore, son alcaloïde star, l'atropine, sert en ophtalmologie, mais aussi d'antidote aux gaz neurotoxiques. De la transe mystique à la trousse de secours des militaires, il n'y a qu'un pas
La mandragore, la racine qui crie
Impossible de parler de plantes de sorcières sans elle : la mandragore, Mandragora officinarum L.
Sa racine se divise en jambes comme un corps humain planté dans la terre. Sa forme la rend particulière, et les croyances populaires lui ont prêté des pouvoirs fous. Pour obtenir la richesse, il suffisait de la coucher dans des draps blancs et de lui servir deux repas par jour (même si elle ne mangeait apparemment pas grand-chose…). Au XIXe siècle, les jeunes filles roumaines ramassaient les racines en chantonnant : « Mandragore, mandragore, marie-moi d'ici un mois. » Fertilité, voyance, protection contre le mauvais sort : la mandragore fait tout ! Je ne suis pas sûre qu'elle te prépare la tisane ou qu'elle te masse les pieds… Mais bon, si elle est « bonne à tout », il fallait s'armer de patience pour aller la ramasser ! Son rituel d'extraction est, comme qui dirait, compliqué…
Cercles tracés à l'épée, nuit sans lune, prières, jeûnes, parfois un peu d'urine ou de sang menstruel pour amadouer la belle. Et la légende culte : un chien attaché à la racine pour l'arracher à ta place, parce qu'elle était censée hurler en sortant de terre et rendre fou (ou tuer net) quiconque l'entendait. Le chien, lui, n'y survivait jamais.
Niveau botanique, la star déçoit un peu une fois sortie du folklore : une rosette de feuilles qui ressemble à une salade, des fleurs mauve pâle, des fruits jaunâtres, trente centimètres de haut maximum. Tout le mystère tient dans cette racine fourchue et dans des siècles d'imagination collective, qui en ont fait LE symbole absolu de la sorcellerie.
Le sureau, notre grand-mère feuillage à nous…
Le sureau, c'est l'arbre à tout faire du folklore européen : protecteur, guérisseur, et un peu sulfureux sur les bords. On le plantait devant les maisons pour éloigner les sorts, les serpents, la foudre, et même les taupes. Mais gare à qui le brûlait : en France comme en Angleterre, on jurait que ça empêchait les poules de pondre, voire pire, qu'un membre de la famille allait y passer. Sa sève, rouge quand on l'entaille, a longtemps fait croire qu'une nymphe habitait dedans. Du coup, avant de couper un sureau, les Créoles des Antilles lui chantaient une petite sérénade, histoire de laisser le temps à la dame de déménager.
Côté usages, Hippocrate le connaissait déjà. Ses fleurs se boivent traditionnellement en tisane quand l'hiver s'installe, et ses baies cuites finissent en sirop dans bien des cuisines de grand-mère. La Saint-Jean était le moment sacré pour le récolter : on disait que les fleurs cueillies ce jour-là avaient des pouvoirs particuliers.
Côté magie noire, par contre, on racontait que Judas s'était pendu à ses branches, ce qui lui a valu une sacrée réputation d'arbre maudit dans certaines régions, pendant que d'autres en faisaient un rempart contre les sorciers eux-mêmes.
Attention quand même : les baies crues et les parties vertes sont toxiques. Seule la cuisson rend les baies comestibles, alors on ne grignote jamais sur l'arbre !






Le 25 octobre, viens marcher avec moi à Viesville
Le dimanche 25 octobre, je t'emmène dans la réserve naturelle de Viesville, à Pont-à-Celles, pour une balade des plantes de sorcières. On ne croisera ni mandragore ni belladone, mais j'ai plein d'autres histoires à te raconter sur les plantes, leur histoire et leurs usages (magiques ou non !).
Bonus : c'est le jour du passage à l'heure d'hiver. Tu gagnes une heure de sommeil, tu n'as donc plus aucune excuse pour rester sous la couette !
Dans une réserve naturelle, on regarde… et on laisse pousser
Petite règle d'or avant de partir en balade : dans une réserve naturelle, la nature est protégée. On reste sur les chemins, on ne cueille rien, on n'arrache rien. Même pas une petite baie pour la photo !
En pratique
Dimanche 25 octobre 2026, départ à 11h00
Salle polyvalente : place des Résistants, 6230 Viesville
3 €/pers. ou 10 €/famille
Inscription obligatoire : info@adel-pac.be – 0473 89 13 90
Pense à prévoir des chaussures adaptées à une balade en milieu naturel.
Animation proposée par Le Bureau des Plantes et l'ADéL dans le cadre du Marché d'Automne.
Références
Luminessens, « Le sureau » : https://www.luminessens.org/post/2016/12/01/le-sureau
Books of Dante, « Le sureau (Sambucus nigra) » : https://booksofdante.wordpress.com/2019/12/06/le-sureau-sambucus-nigra-2/
Le Bureau des Plantes
Cabinet de réflexologie, ateliers d'initiation à l'herboristerie et accompagnement à la création de jardins médicinaux à Presles, à quelques minutes de Charleroi et Namur.
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La réflexologie et l'herboristerie ne peuvent être en aucun cas assimilée à des soins médicaux. Elles peuvent t'accompagner vers un mieux être et soutenir le rééquilibrage de ton corps, mais ces pratiques ne remplacent en aucun cas un diagnostic médical.
